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Retour d’expérience : Mon stage au Pôle Images et Technologies Numériques

Afin de valider mon Master 2 en Documentation et Humanités Numériques, l’École du Louvre m’a demandé d’effectuer un stage de trois mois. Il s’agissait de ma première recherche de stage en France et ce, parallèlement à un semestre intense de cours d’un master tout neuf pour l’École et pour moi même.

Étant étrangère, ce n’était pas du tout facile de suivre des cours théoriques avec d’innombrables terminologies sur l’archivage numérique, accompagnés toujours par l’apprentissage d’une série de logiciels, de méthodologies et des enjeux sur la gestion des collections. L’idée de mettre tout ça en oeuvre dans le cadre d’un stage rémunérée, qui exigerait beaucoup de moi, était inévitablement terrifiante. Je devais donc, trouver un endroit où je pratiquerais bien mes connaissances théoriques, où l’erreur serait permise, où l’apprentissage et le travail seraient intimement liés, avant de commencer le stage obligatoire de mon master. Grâce à mon réseau étudiant de l’École du Louvre mais aussi à la grande communauté d’étudiants grecs et étrangers d’archéologie et d’histoire de l’art à Paris, j’ai reçu plusieurs recommandations toutes conduisant, un jour d’Octobre 2017, à frapper la porte du Pôle Images et technologies numériques.

Le Pôle ITN a été créé en septembre 2015 à l’UFR 03 Histoire de l’art et archéologie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et installé à l’Institut d’art et d’archéologie (Centre Michelet) en salle 316. Du premier regard, le bâtiment est très prometteur à l’extérieur comme à l’intérieur. Une fois entrée, je me suis retrouvé dans une grande pièce dont je ne pouvais pas facilement déterminer la fonction. De vieux meubles et armoires de l’université avec plein des petits tiroirs côtoyaient des bureaux plus modernes équipés d’ordinateurs, de lourdes bibliothèques en bois très chargées des collections divers, des dossiers et des classeurs par tout et surtout des boites. Tous les vieux meubles en hauteur parlaient des époques lointaines de la Sorbonne en contradiction avec les nombreux ordinateurs à double écrans, le microscope polarisant dans un coin, l’imprimante 3D, le studio de photo de céramiques grecques anciennes et un Mac Book Pro accompagné d’un crane. C’était clairement un endroit où l’ancien coexiste avec le contemporain.

L’Université Paris 1, le responsable du Pôle, M. Vincenzo Capozzoli, et les étudiants, sont appelés à gérer toutes une série des collections stockées dans tout les coins possibles de cette pièce mais aussi dans beaucoup d’autres endroits de l’Institut d’art et d’archéologie. Le premier but du Pôle est l’étude et la valorisation des collections patrimoniales iconographiques et mobiliers appartenant à l’UFR 03. Ces fonds, mal connus et peu exploités jusqu’à présent sont représentés pour l’essentiel par un grand nombre de diapositives, des photographies analogiques sur support papier, des antiquités grecques, ce qui reste de l’ancienne collection de moulages de la Sorbonne, des plaques de verre, les restes de la maquette de Rome de Paul Bigot, etc. mais aussi de diverses collections pédagogiques universitaires: le tessonier du Proche Orient, les collections d’objets lithiques et osseux, etc.

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Je suis arrivée très tôt le matin lors de mon premier jour au Pôle ITN et je l’ai trouvé d’abord comme un laboratoire tout à fait calme et laissé à l’écart des autres activités de l’université. Qu’est-ce que j’avais tort. Quelques heures plus tard, étudiants et professeurs remplissaient le bureau et l’atmosphère a changé radicalement. Chacun d’eux a commencé à travailler sur un projet de numérisation en transformant la pièce à un chaos, lorsqu’on la compare avec un espace de traitement documentaire traditionnel. Tout les ordinateurs, tous les boîtes et tous les tiroirs s’ouvraient en même temps. Il était possible de manipuler des objets délicats et anciens : il faudrait  une autorisation spéciale dans d’autres contextes, dans des musées par exemple, pour pouvoir faire quelque chose de similaire à proximité et encore plus pour le toucher. Ce premier jour révélateur de ce microcosme actif, m’a amenée à réaliser le deuxième et plus important objectif du Pôle ITN: la promotion d’un enseignement interactif nourris par une rapport intime entre la connaissance sur l’histoire de l’art et l’archéologie et les objets eux-mêmes. Ce laboratoire essaie de reconstruire, outre les  multiples collections à peine évoquées, une bonne partie de l’histoire de la pédagogie de l’UFR d’Histoire de l’artet d’archéologie, tout en développant les nouveaux besoins pédagogiques surtout en matière numérique. De plus, le Pôle ITN reconnaît le travail des étudiants sur les différentes collections, comme un stage formel. Il leur donne une première expérience d’un environnement de travail et les responsabilités que cela apporte tout en fournissant un suivi et un soutien continu sur le projet de chacun. Il garde un caractère assez tolérant aux processus formels d’un vrai travail en ce qui concerne les horaires, les périodes de stage, offrant un libre choix de projet, ce qui constitue une véritable attraction pour les étudiants. Ces derniers, par le biais d’apprentissage,deviennent protagonistes du laboratoire, contribuant brique par brique au développement pédagogique et à la valorisation de collections.

Il m’a semblé important de partager cette expérience et de parler plus spécifiquement de mes missions dans mes articles du blog à venir. Vous pouvez également suivre l’activité du Pôle images et technologies numériques et apprendre plus sur la nature des collections qu’il traite sur son portail (actuellement en construction) et sur sa page facebook. Le portail est construit avec l’aide du logiciel Omeka, qui offre une plate-forme d’édition web gratuite, flexible et open source en donnant la possibilité de gérer assez facilement des multiples données en ligne ainsi que de créer des expositions virtuelles des collections. Il est quotidiennement enrichi par les travaux des étudiants et il est exploité par les enseignants aussi. Et à moi, personnellement, reste un sentiment de satisfaction pour avoir participé et contribué à ce travail collectif.